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Séville et Grenade, deux visages de l’Andalousie que j’aime opposer

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Il suffit de deux heures de train pour passer de Séville à Grenade, et pourtant ces deux villes racontent l’Andalousie de façon presque opposée. J’ai fini par comprendre qu’il ne fallait pas choisir entre les deux, mais accepter de les vivre comme un diptyque : l’une flamboyante et ouverte, l’autre plus secrète, nichée contre les contreforts de la Sierra Nevada.

Séville, la ville qui ne baisse jamais le volume

Séville vit dehors, tard, et fort. Les patios du quartier de Santa Cruz débordent de fleurs, les terrasses le long du Guadalquivir s’animent dès la tombée du jour, et il n’est pas rare d’entendre une guitare flamenca s’échapper d’un bar sans qu’aucun spectacle ne soit annoncé. C’est une ville qui ne se cache pas.

La Plaza de España à l’heure creuse

J’ai fini par n’y aller qu’en fin de matinée en semaine, pour éviter la foule des groupes organisés. C’est à ce moment-là que l’on perçoit vraiment l’ampleur du geste architectural, ce demi-cercle de céramiques peintes représentant chaque province espagnole, sans avoir à se frayer un chemin entre les selfies.

Grenade, une ville qui se mérite

Grenade impose un rythme différent, plus lent, presque recueilli. L’Alhambra, qu’il faut réserver plusieurs semaines à l’avance, reste l’une des rares expériences architecturales qui m’ait laissée sans voix, avec ses cours d’eau et ses plafonds sculptés qui semblent défier la logique de la pierre.

L’Albaicín au coucher du soleil

Depuis les ruelles blanches de l’Albaicín, face à l’Alhambra illuminée par le soleil couchant, j’ai compris pourquoi tant de voyageurs restaient un jour de plus à Grenade sans avoir prévu de le faire. Le mirador de San Nicolás est connu, bondé même, mais je lui préfère désormais une placette deux rues plus haut, presque toujours vide à la même heure.

Comment j’organiserais ce voyage

Je recommande trois nuits à Séville, deux à Grenade, avec le train à grande vitesse entre les deux villes qui rend le trajet presque anecdotique. Le tapas, à Séville, se prend debout, au comptoir, en enchaînant les petites adresses plutôt qu’en s’installant longuement dans une seule.

À Grenade en revanche, la tradition locale veut qu’une tapa gratuite accompagne chaque boisson commandée, ce qui change complètement la façon de composer un repas : on choisit son bar autant pour sa tapa du soir que pour son ambiance.

Quand partir

J’évite l’été andalou, où les températures dépassent régulièrement les quarante degrés. Le printemps, avec les orangers en fleurs à Séville, reste ma saison préférée pour ce double portrait de l’Andalousie.

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