Destinations

Ortigia, l’île où j’ai trouvé la Sicile que je cherchais

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Avant de mettre les pieds à Ortigia, je m’attendais à une Sicile de carte postale, celle de Taormine et de ses terrasses surplombant la mer, envahie de groupes en haute saison. J’ai trouvé autre chose : une île minuscule, reliée à Syracuse par un simple pont, où la vie continue son cours sans se soucier vraiment des visiteurs.

Une géographie qui se lit en une matinée

Ortigia se parcourt entièrement à pied en une heure, ce qui ne veut pas dire qu’on en a fait le tour en une heure. J’ai mis trois jours à en comprendre les strates : les colonnes du temple d’Apollon posées au milieu d’une place de marché, la cathédrale bâtie directement sur un temple grec dont on aperçoit encore les colonnes intégrées aux murs. Peu d’endroits en Méditerranée rendent aussi visible cette superposition d’époques.

Le marché du matin, rendez-vous obligé

Chaque matin, je descendais vers le marché couvert près de la Via Trento, où les poissonniers criaient encore le prix des oursins tout juste sortis de l’eau. C’est là, entre deux étals d’agrumes, que j’ai compris que la Sicile ne se raconte pas dans les restaurants du soir mais dans ces scènes de négociation bruyantes et joyeuses du matin.

La Fonte Aretusa, un détail qui en dit long

Une source d’eau douce jaillit à quelques mètres de la mer, entourée de papyrus, un phénomène que les Grecs anciens expliquaient déjà par une légende de nymphe poursuivie. Ce genre de détail, presque anecdotique, m’a fait comprendre à quel point cette île porte une mémoire plus ancienne que la plupart des destinations italiennes que je connais.

Ce que je retiens de mon séjour

J’ai appris à ne pas chercher à tout voir. Ortigia récompense la lenteur : s’asseoir sur les remparts au coucher du soleil, revenir deux fois au même café parce que le patron a fini par vous reconnaître, changer d’itinéraire simplement parce qu’une ruelle sentait bon le pain frais.

Pour les repas, j’ai une préférence marquée pour les petites trattorias loin de la Piazza Duomo, où la carte tient sur une ardoise et change selon la pêche du jour. La pasta alla norma, avec ses aubergines fondantes et sa ricotta salée, y est presque toujours meilleure que dans les adresses plus renommées de Catane.

Conseil pratique

Je recommande d’y venir hors saison, en mai ou en octobre, quand la chaleur reste supportable et que les ruelles ne sont pas saturées de groupes descendus des bateaux de croisière qui accostent à Syracuse. C’est à ce moment-là que l’île révèle vraiment son caractère.

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