Escapades week-end

Un week-end à Annecy, au bord du lac

Cet article peut contenir des liens affiliés. Si vous réservez ou achetez via ces liens, Là où il fait bon peut percevoir une petite commission, sans surcoût pour vous. En savoir plus.

Le lac d’Annecy m’a d’abord déçu, avant de me convaincre entièrement, dès la première chute en paddle au milieu de l’eau turquoise. En arrivant un samedi matin de juillet, j’avais loué une planche sans avoir jamais pratiqué, convaincu par les photos que tout le monde partage de l’eau turquoise et des montagnes en arrière-plan. Je suis tombé trois fois avant d’atteindre le milieu du lac, sous les rires polis d’une famille installée sur un ponton voisin. Deux heures plus tard, trempé mais debout, j’ai compris l’attachement que beaucoup de visiteurs disent avoir pour ce lac, sans besoin de grands discours pour l’expliquer.

La vieille ville et ses canaux

Le vieux Annecy se découvre au réveil, avant que les terrasses ne se remplissent. Les canaux qui traversent la ville, bordés de façades colorées et de balcons fleuris, ont valu à Annecy son surnom de Venise des Alpes, un surnom qu’on comprend mieux en marchant tôt le matin qu’en pleine après-midi de juillet. Le Palais de l’Isle, cette ancienne prison posée comme une proue de bateau au milieu de la Thiou, reste le point de repère le plus photographié, mais c’est surtout dans les ruelles adjacentes, autour de la rue Sainte-Claire, que la ville garde son caractère : arcades basses, boutiques d’artisans, marché aux fruits et légumes installé plusieurs matins par semaine.

Le tour du lac, à vélo ou en bateau

La piste cyclable qui longe le lac permet d’en faire le tour complet en une journée, à condition de garder un rythme raisonnable et de s’arrêter souvent. J’ai préféré fractionner ce tour sur deux demi-journées, en m’arrêtant à chaque plage publique pour un bain rapide. L’eau reste fraîche même en plein été, mais elle a cette transparence qui donne envie d’y retourner sans cesse, juste pour vérifier qu’on distingue toujours les galets au fond.

Pour ceux qui préfèrent l’eau au vélo, les bateaux qui traversent le lac depuis le port d’Annecy offrent une autre perspective, plus lente, sur les montagnes qui encerclent le plan d’eau. On y croise aussi bien des habitués qui font l’aller-retour pour rejoindre leur maison de l’autre côté du lac que des visiteurs venus simplement pour la traversée.

Talloires et Menthon-Saint-Bernard

Sur la rive est, le village de Talloires garde un rythme différent du reste du lac, plus discret, presque assoupi en dehors des mois de juillet et août. Je m’y suis arrêté pour déjeuner sur une terrasse donnant directement sur l’eau, en observant les cygnes qui se disputaient les miettes de pain avec un aplomb qui laissait peu de doute sur leurs habitudes. Un peu plus loin, le château de Menthon-Saint-Bernard, avec ses tourelles pointues, domine le lac depuis un promontoire boisé. On ne le visite pas forcément à l’intérieur, mais la vue qu’il offre depuis ses abords justifie à elle seule la montée à pied depuis le village.

Prendre de la hauteur sur le Semnoz

Le deuxième jour, j’ai pris la route qui grimpe vers le Semnoz, la montagne qui surplombe Annecy côté sud. La route en lacets, bordée de pâturages où paissent encore quelques troupeaux, mène à un point de vue d’où l’on distingue l’intégralité du lac, du Palais de l’Isle jusqu’aux sommets qui ferment l’horizon côté Talloires. C’est un contrepoint utile à deux jours passés au niveau de l’eau : voir le lac depuis les hauteurs change complètement la perception de sa forme, plus longue et plus étroite qu’on ne l’imagine depuis la rive.

Où manger et où dormir

Pour dormir, j’évite en général les grandes structures du bord de lac, souvent chères et impersonnelles, au profit de chambres chez l’habitant dans les villages autour d’Annecy, comme Veyrier-du-Lac ou Duingt. Ces villages, à quelques minutes en voiture ou en bus du centre, permettent de profiter du calme le soir tout en restant proches de l’animation de la vieille ville en journée.

Côté repas, je recommande de s’éloigner des restaurants qui bordent directement les canaux, où l’affluence prend parfois le pas sur la cuisine, pour chercher les adresses plus discrètes des ruelles perpendiculaires. Les tartiflettes et les diots savoyards s’y dégustent sans la file d’attente ni le prix majoré des terrasses avec vue.

Le marché du samedi et les fromages de la vallée

Le samedi matin, le marché qui s’installe sur les quais et dans les rues piétonnes de la vieille ville rassemble producteurs de la vallée de Thônes et maraîchers du bassin annécien. Je m’y suis arrêté devant un stand de fromages où l’on proposait à la fois de la tomme fraîche et de la reblochon fermier, avec une explication détaillée sur la différence entre les fromages au lait cru et ceux au lait pasteurisé que je n’avais jamais vraiment comprise avant ce jour-là. C’est aussi l’occasion d’observer les habitants faire leurs courses de la semaine, sans se soucier des visiteurs qui photographient les étals autour d’eux.

Un peu plus loin, sur les quais du canal du Vassé, quelques bouquinistes installent leurs caisses de livres d’occasion certains matins, ajoutant une note plus tranquille à l’effervescence du marché alimentaire. J’y ai trouvé un vieux guide de randonnée des Alpes datant des années soixante-dix, que j’ai gardé depuis comme un souvenir plus original qu’un simple aimant de réfrigérateur.

Comment organiser son arrivée

Annecy se rejoint facilement en train depuis Lyon ou Genève, deux trajets courts qui évitent d’avoir à gérer une voiture pendant tout le séjour, la circulation autour du lac devenant vite dense en fin de semaine estivale. Une fois sur place, la ville se parcourt à pied ou en vélo de location, et je réserve en général la voiture uniquement pour la montée vers le Semnoz ou pour rejoindre un village plus éloigné comme Talloires en dehors des horaires de bus.

Deux jours pleins suffisent pour combiner vieille ville, tour du lac et montée en hauteur, à condition d’arriver le vendredi soir pour profiter d’une première soirée tranquille avant l’affluence du samedi. C’est ce rythme, plus que le nombre de sites cochés, qui donne à ce genre de week-end son vrai sens.

Ce que je retiens de ce week-end

Ce qui reste, après ce genre de week-end, ce n’est pas seulement l’image de l’eau turquoise qu’on montre en rentrant, mais ce moment précis où, trempé après une chute en paddle, on comprend que le lac ne se contemple pas seulement depuis une terrasse. Il se traverse, se contourne à vélo, se regarde depuis les hauteurs, et c’est cette accumulation de points de vue, plus que n’importe quelle photo isolée, qui donne au lac d’Annecy sa vraie mesure.

La revue, chaque mois

Recevez le prochain numéro

Une fois par mois, un nouveau reportage, une adresse coup de coeur et une idée d'escapade. Rien de plus.

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité.