Hôtels et Adresses

Ce refuge des Alpes où j’ai réappris à ralentir en hiver

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Il faut chausser des raquettes ou des skis de randonnée pour rejoindre ce refuge, perché à plus de deux mille mètres dans les Alpes du Nord, inaccessible en voiture dès les premières neiges. C’est précisément cette contrainte qui m’a poussée à tenter l’expérience, un hiver où je cherchais autre chose que les stations tentaculaires que je connaissais déjà.

Une marche d’approche qui fait partie du séjour

Compter une heure et demie de montée depuis le parking le plus proche, avec le sac sur le dos et le silence complet de la forêt enneigée pour seule compagnie. Arrivée essoufflée, j’ai été accueillie par le gardien du refuge, qui tient les lieux avec sa famille depuis plus de quarante ans, et un thé chaud servi sans qu’on ait eu besoin de le demander.

Un confort volontairement limité

Pas d’électricité continue, l’eau chaude limitée à quelques heures le soir, des dortoirs partagés plutôt que des chambres privatives dans la version la plus authentique du refuge. J’ai d’abord craint de le regretter, avant de comprendre que ce dénuement organisé faisait justement partie de l’expérience recherchée.

La table, un moment central de la journée

Le repas du soir, servi à heure fixe autour d’une longue table commune, réunit skieurs de randonnée et simples marcheurs en raquettes, souvent inconnus les uns des autres au moment de s’asseoir. La tartiflette maison, préparée avec un fromage produit par une ferme voisine accessible seulement l’été, reste l’un des meilleurs souvenirs culinaires de mes hivers en montagne.

Le lever de soleil, un rituel presque obligé

Le gardien réveille discrètement ceux qui le souhaitent une demi-heure avant l’aube pour observer le lever du soleil depuis la terrasse du refuge, un rituel qu’il pratique depuis des décennies et qu’il partage avec une évidente fierté tranquille.

Comment organiser ce séjour

Réserver directement par téléphone, plusieurs semaines à l’avance en pleine saison, reste la seule option : ce refuge n’apparaît sur aucune plateforme de réservation classique. Prévoir un équipement adapté à la montée en raquettes ou en peaux de phoque, et accepter, le temps d’une nuit, de renoncer à une partie du confort auquel on s’habitue trop vite en voyage.

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