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Il y a des villes que l’on visite et des villes où l’on revient. Lisbonne appartient à la seconde catégorie, et depuis mon premier séjour, je crois y être retournée sept ou huit fois, toujours avec l’impression de n’en avoir vu qu’une tranche. La ville se refuse à la carte postale unique : elle change de visage selon la colline sur laquelle on se trouve, selon l’heure, selon la lumière qui tombe sur le Tage.
Une ville de collines qui impose son propre rythme
On dit souvent que Lisbonne se visite à pied, et c’est vrai, mais personne ne prévient assez que ce sont des collines franches, du genre qui coupe la conversation en deux. J’ai appris à accepter le tram 28 non pas comme un gadget touristique mais comme un vrai outil de déplacement, même bondé, même lent. Le vrai luxe lisboète, je l’ai compris avec le temps, consiste à ne pas courir après un programme trop serré : deux quartiers bien vécus valent mieux que six quartiers traversés en coup de vent.
Alfama, le quartier où je ralentis toujours
Alfama a gardé quelque chose que d’autres quartiers ont perdu en se refaisant une beauté pour les visiteurs : des ruelles où le linge sèche encore aux fenêtres, où une voisine appelle une autre d’un balcon à l’autre. Je m’y perds volontairement, sans carte, en sachant que je finirai toujours par retomber sur un miradouro avec vue sur les toits. C’est là, un verre de vin vert à la main, que je comprends pourquoi tant de voyageurs finissent par s’y installer pour de bon.
Le Tage comme fil conducteur
Le fleuve structure toute la ville, et je m’organise toujours pour longer ses berges au moins une fois par séjour, du côté de Belém le matin, du côté de Cais do Sodré en fin d’après-midi quand la lumière devient dorée. C’est un axe simple qui évite de se perdre dans un plan trop chargé.
Ce que je recommande à ceux qui découvrent la ville
Je conseille toujours de commencer par le Chiado et la Baixa, les quartiers les plus lisibles, avant de s’aventurer vers Alfama ou Graça. Le Miradouro da Senhora do Monte, moins connu que celui de Santa Luzia, offre un panorama qui mérite le détour, surtout à l’heure où le soleil décline sur le château Saint-Georges.
Côté table, j’évite désormais les adresses trop visibles autour du Rossio et je préfère les petites tascas de Graça, où le poisson grillé se commande au poids et se partage entre plusieurs assiettes. C’est une cuisine sans esbroufe, qui raconte la ville mieux qu’un menu touristique traduit en quatre langues.
Quand y aller
J’ai un net penchant pour l’automne, entre fin septembre et début novembre, quand la chaleur estivale retombe et que les rues retrouvent un rythme plus lisboète. Le printemps fonctionne aussi très bien, à condition d’éviter les ponts fériés qui font grimper les prix des hébergements.
Lisbonne n’est pas une ville que l’on coche sur une liste. C’est une ville que l’on apprend, saison après saison, et qui vous rend, en échange, une forme de patience que peu de destinations offrent aussi généreusement.


